Est-ce que le Design sprint est pour moi ?

Vous voulez savoir si c’est pour vous ? Alors je dis OUI ! Non pas que ce soit une solution magique à tout, mais plutôt qu’il ouvre sur un mindset qui vous permettra de trouver réponse à tout, ou presque !

Parce que oui, plus fort que les méthodes, que les process, que les équipes, que le numérique, que les études… C’est l’état d’esprit qui change tout.

Le design sprint apporte une ouverture d’esprit sur soi-même et sur les autres. Une écoute, une acceptation de l’entropie de nos vies et de nos projets. Parfois, il faut partir dans le chaos absolu et faire confiance, comme une forme de foi. Une foi en ses capacités, son analyse, mais aussi une foi en les autres, une confiance entre le groupe et son fort intérieur.

« Quand à moi, tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien »
Socrate

Celui qui a l’idée de départ ne sait rien. Ceux qui la développent et la transforment en expression concrète ne savent rien. Ceux qui vont tester et utiliser ce concret ne savent rien. N’est-ce pas une forme de chaos ?

Alors comment se rassurer ? Comment s’assurer une « performance » nécessaire pour ne pas sombrer dans la peur profonde et humaine de tout perdre. Perdre son marché, perdre ses clients, perdre tout notre argent et nous retrouver sans rien. Un compte vide, des partenaires ou salariés à licencier.

Comment accepter que du chaos émergent l’innovation et les idées qui vont pousser une nouvelle forme d’équilibre et d’évolution ?

Faire confiance. Parce qu’on veut toujours savoir ou l’on va et comment, comprendre chaque étape et pouvoir chiffrer pour se rassurer. Ce système de pensée fonctionnait certainement pendant l’industrialisation, ou la performance était la production et la vente de matériel. Maintenant, nous sommes dans une aire de services, de connaissance. Tout cela est bien plus proche des fluctuations de l’humain. Proposer un service adapté, utile et agréable c’est bien plus subtile à construire qu’une voiture. Possible d’essayer les vieilles méthodes de marketing, d’image, mais tout le monde sent bien que ça ne va pas tenir sur le long terme.

Alors comment faire confiance ?

Raccourcir les périodes de doutes, les périodes de suppositions.

En réunissant des experts complémentaires pendant au moins 3 jours de suite, c’est autant de cerveaux qui se connectent que d’intuitions. Rester en groupe, focus sur un sujet, une problématique précise, avancer suivant des phases naturelles (comme une respiration), voilà un modèle qui se rapproche de notre fonctionnement originel. Chaque humain a un cerveau certes, mais aussi et surtout une expérience. Et dans expérience il n’y a pas que data et analyse, il y a aussi ressenti, intuition, et ce second point est tout aussi important que l’autre valorisé pourtant bien plus souvent. Cela n’a rien d’étonnant, l’un peu se chiffrer, se comprendre, l’autre est bien plus abstrait, brut. Pourtant, si on lui offre notre confiance, c’est lui qui va permettre d’aller plus vite, de décider et valider des choix menant à l’essentiel. Grâce à l’intuition d’un expert, c’est beaucoup d’études en moins et aller plus vite au test pour confronter, apprendre et re-boucler.


Faire reposer chaque action sur des informations qui viennent directement du terrain.

Des questionnaires, des études, c’est bien. Les trier, les analyser, les classer, prioriser les résultats c’est idéal. Mais si l’on veut raccourcir les périodes de doutes, c’est long. Prendre 4 jours pour construire un prototype, le mener en test sur un 5 ème jour avec 5 testeurs bien sélectionnés et en sortir un apprentissage direct pour réorienter dès un 6 ème jour, tout cela donne une dynamique différente. On ne cherche plus à trouver la solution miracle, celle qui va forcément fonctionner, on cherche à apprendre, à vite faire émerger les priorités qui se valident sur le terrain, et les erreurs qui doivent être corrigées. Petit pas par petit pas, c’est d’une manière très agile que l’on avance vers le produit le plus adapté à un besoin réel.

Réfléchir, convertir en concret et tester.

Certainement l’un des points le plus lié au mindset du design thinking. Tout le monde peut parler pendant des heures d’une idée, la faire rebondir avec l’idée de quelqu’un d’autre, et ces échanges sans fin. Pendant ces heures de stimulations intellectuelles, certainement de belles pépites qui s’évaporent. Mais si au lieu de tant parler, on couche sur le papier avec un simple crayon quelques mots, quelques schémas, quelques listes, quelques scénarios ? Et bien c’est une transformation d’idée en matière, et cette matière figée, synthétisée va pouvoir rester comme un point d’ancrage. Une autre personne va pouvoir rebondir, apporter son coup de crayon aussi. Chacun avance ensuite dans son coin (four-step sketchs), et puis regroupe (art museum), découvre l’abstrait raisonnement des autres maintenant devenu concret, le laisser s’expliquer de lui-même sans passer par le filtre de la parole.

Tester pour apprendre et apprendre pour réfléchir et construire, en rondes vertueuses.

Ce système circulaire sans fin, au final, rappelle le fonctionnement même de la vie. Est-ce qu’on peut aller contre la logique de notre ADN ? Est-ce qu’on peut embrasser et faire confiance à cette logique originelle ?

Est-ce que le design sprint est pour vous ? Je re dis OUI. Parce que cette structure est proche de la logique circulaire de la vie. Le design sprint ouvre sur le mindset nécessaire à suivre l’évolution actuelle. Cette évolution est fractale, elle touche tout le monde et à tous les niveaux : les grands groupes, les PME, les communautés, les associations, les indépendants et chaque personne à l’intérieur d’elle-même…

La vie dont nous faisons partie nous montre le modèle de fonctionnement à suivre, pourquoi le remettre en question ? Après tout, elle sait certainement mieux que nous ce qui fonctionne ou pas. Il nous reste à écouter, avoir la foi et apprendre en renouvelant les expériences.

Tout va bien se passer :)

This article was updated on 15 septembre 2017